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La kora est une harpe-luth originaire d'Afrique de l’Ouest. Sa caisse de résonance est une demi-calebasse recouverte d'une peau de boeuf et traversée par une hampe. Au nombre de 21, les cordes se répartissent en deux rangées parallèles et se rattachent à la hampe par des anneaux en cuir ; deux antennes permettent de se saisir de l'instrument et d'en jouer à l'aide des index et des pouces.

La kora peut être jouée seule, en accompagnement de la voix ou dans les formations musicales les plus variées. Ses qualités sonores liées à certaines particularités de son jeu lui permettent également d’être un outil précieux dans l’approche du monde de l’enfance, de la thérapie ou de l’éveil intérieur. Des moines et des moniales en jouent quotidiennement pour accompagner les psaumes et la prière.

Histoire de la kora : quelques étapes

La légende rapporte que les premières koras étaient jouées par des djinnés (esprits). Un jour, le grand roi Soundiata se promenait le long d'un fleuve en compagnie de son ami Balafacé-Kouyaté lorsqu'il entendit pour la première fois cet instrument. Il s'aventura dans les eaux du fleuve et l'arracha des mains du Génie musicien. Une fois revenu sur la berge, Soundiata fit résonner la kora puis, ravi, la tendit à son ami qui en joua à son tour. "C'est encore plus agréable de l'entendre que d'en jouer", s'exclama Soundiata. "Dorénavant tu joueras pour moi." C'est ainsi que Balafacé-Kouyaté devint l'ancêtre des griots, poètes, historiens et conteurs qui firent entendre la kora à la cour des empereurs mandingues et transmirent jusqu'à ce jour la mémoire, les batailles et les rêves de leur peuple.

Dans la seconde moitié du XXème siècle, la kora franchit de nouvelles étapes, relevant avec succès de nombreux défis: en Afrique même, où de jeunes griots n'ont pas craint d'en jouer d'une façon nouvelle (par exemple sans l'apport de la voix) ; et partout ailleurs dans le monde, soit que des musiciens venus d'autres horizons l'aient adoptée (pour en apprendre les techniques traditionnelles ou pour créer de nouvelles musiques), soit que ses héritiers directs soient allés à la rencontre des autres formes musicales contemporaines - nous ne citerons ici que deux d'entre eux, qui, parmi les premiers, ont porté la kora au-delà des mers à la fin des années soixante : en Europe, Lamine Konté (Sénégal) réalise des enregistrements où les airs de Casamance se marient aux rythmes afro-cubains ; aux Etats-unis, Foday Musa Suso (Gambie) croise sa musique avec des musiciens de jazz et des compositeurs de musique contemporaine (Herbie Hancock, Philip Glass...).